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Le Musée Archéologique de Saint-Romain-en-Gal ouvre ses portes à la bande dessinée.


Dix-neuf planches originales tirées de la Chute d'Icare, le dernier album d'Alix, sont exposées au Musée Archéologique de St Romain-en-Gal jusqu'au 20 janvier 2002.

L'idée n'est pas banale. En pleine exposition officielle sur les Celtes de Hongrie, Le Musée Archéologique de Saint-Romain-en-Gal / Vienne, en partenariat avec le Département du Rhône, les éditions Casterman et la RMN (Réunion des Musées Nationaux), a décidé d'ouvrir ses portes à la bande dessinée et de rendre hommage à l'une des plus célèbres séries du neuvième art : Alix.

Alix l'intrépide

Apparu en 1946 dans les pages du journal Tintin, Alix s'impose très vite comme l'un des personnages majeurs de la bande dessinée franco-belge. Son créateur, Jacques Martin, jeune ingénieur de formation, a deux passions : la bande dessinée et l'Histoire. Aussi, lorsqu'on lui demande de créer une série, il songe immédiatement à la situer en Gaule romaine. " J'avais inventé ce personnage parce qu'il était le résumé de mes lectures sur l'Antiquité." (lire le reste de l'interview). Le premier épisode intitulé Alix l'intrépide est un franc succès. Suivent Le Sphinx d'or, L'Ile maudite, La Tiare d'Oribal...

Le vingt-deuxième et dernier en date, La Chute d'Icare, est paru cette année, comme d'habitude aux Editions Casterman. Mais, entre temps, Jacques Martin s'est entouré de nombreux collaborateurs : Roger Leloup et feu Bob de Moor par le passé ; plus récemment Marc Henniquiau, Gilles Chaillet et, surtout, Raphaël Moralès (voir l'interview ci-dessous) qui, depuis 1996, dessine intégralement la série, depuis que Jacques Martin, atteint par une maladie des yeux, la macula, ne peut plus crayonner.

La vérité historique

" J'essaye de respecter la vérité historique. Je ne vais pas dessiner César barbu et bossu. Si je dois représenter une séquence avec Cléopâtre, j'essaye de la représenter telle qu'on la connaît à travers les documents que l'on possède." Un propos qui résume à lui seul l'esprit de la série. Car si Alix brille par la qualité de ses scénarios, la rigueur de son découpage, une maîtrise dans le dessin des personnages, elle se distingue également par une attention accordée à la représentation du contexte historique dans les moindres détails : costumes, habitats, constructions, moyens de transport… Rien n'est laissé au hasard. Aucune approximation. "En ce moment, je suis en train d'écrire une aventure d'Alix qui se déroule à la pointe du raz. Je manque de documentation concernant l'habitat celtique de l'époque. J'ai donc décidé d'arrêter momentanémant l'écriture du scénario jusqu'à ce que je trouve les renseignements nécessaires. Je pourrais passer outre, mais, par souci d'exactitude, je m'y refuse."

Une entreprise de vulgarisation

Un talent doublé d'une exigence qui fait aujourd'hui l'unanimité : " Mes albums sont populaires et intéressent aussi bien les enseignants, les enfants, les adolescents, les archéologues que les amateursde BD (…) L'avantage de la bande dessinée sur les livres d'Histoire, c'est l'image. " n'hésite pas à renchérir Jacques Martin. C'est peut-être ce qui explique, en marge des aventures d'Alix, le succès exemplaire d'une autre série Les Voyages d'Alix, détaillant, notamment, au fil des albums les caractéristiques de l'Egypte, de Rome, de la Grèce, de la marine ou du costume antique…

De la planche à l'expo

Depuis le 15 décembre dernier, sous l'impulsion de Patricia Fabrer, responsable de la librairie-boutique RMN du Musée de Saint-Romain-en-Gal et de Jacques Lasfargues Conservateur du Pôle Archéologique de Lyon, Alix ne s'aventure plus seulement à l'intérieur de ses albums. A l'occasion de la sortie de l'épisode la Chute d'Icare, les Editions Casterman, Jacques Martin et Raphaël Moralès, les créateurs, ont donc volontiers accepté d'exposer un mois durant dans le hall central du Musée une sélection de dix-neuf planches originales tirées de l'album. " Pour un dessinateur de bande dessinée, c'est une véritable reconnaissance ! " ne peut s'empêcher de déclarer Jacques Martin. Dix-neuf planches, donc. Dix-neuf visions de l'Antiquité, en crayonnés, étonnantes de justesse historique. Dix-neuf bijoux pour les amateurs du neuvième art. A détailler du regard…

Et que l'on aime ou non le dessin de Moralès et le style " ligne claire " d'Alix, une planche originale de BD, sans encrage, sans couleurs, a toujours un parfum de magie. Alors, n'attendez plus : elle se prolonge encore jusqu'au 20 janvier.

Jean-Louis Tallon
Entretien avec Raphaël Morales ...
Jean-Louis Tallon - Dans quelles circonstances a débuté votre collaboration avec Jacques Martin ?

Raphaël Moralès - Je suis allé le voir au Festival de Sierre, en Suisse. J'avais seize ans. Je lui ai montré mes dessins. Il m'a ensuite soumis quelques exercices pour savoir ce que je valais. Ils se sont révélés concluant. J'ai alors été engagé comme apprenti et obtenu mes premiers contrats d'édition afin de poursuivre ma carrière dans ce métier. Puis, j'ai commencé à travailler sur les décors de certains albums, notamment Le Cheval de Troie ou L'Odyssée d'Alix.

JLT - Etes-vous facilement parvenu à vous glisser dans les cadres du dessin d'Alix ? N'avez-vous pas été obligé de brimer votre style, même naissant ?

RM - Non. J'ai appris mon métier en dessinant les décors et les personnages d'Alix. Je n'ai donc pas développé de style personnel. C'était même déconseillé. Je devais suivre, au dessin près, la ligne claire de Jacques Martin.

JLT - Vous ne vous êtes pas senti frustré de dessiner un personnage que vous n'aviez pas créé et qui existait depuis déjà plus d'un demi-siècle ?

RM - Non, pas du tout. Je prends beaucoup de plaisir à dessiner cette série. J'ai même commencé au fil du temps à m'approprier le personnage d'Alix.

JLT - Quels sentiments éprouve-t-on, quand on est un dessinateur de vingt ans, à l'idée de travailler non pas seulement pour mais avec Jacques Martin ?

RM - C'est à la fois incroyable et paniquant. Surtout quand on reprend un personnage comme Alix. Au départ, ce n'était d'ailleurs pas prévu. Lui et moi devions travailler sur une bande dessinée originale, intitulée le Complot, se déroulant au dix-neuvième siècle. L'histoire devait mettre en scène un héros hongrois à l'époque de Sissi. Nous avions réalisé deux pages quand Jacques Martin a ressenti ses problèmes de vue. Il m'a alors demandé de reprendre Alix. Nous avons débuté cette nouvelle collaboration avec les Voyages d'Alix et le reste a suivi.

Propos recueillis par Jean-Louis Tallon
14 décembre 2001
 
Jacques Martin - Photo Horspress
 
 
Alix et La Chute d'Icare à Saint-Romain-en-Gal
 
 
Alix et La Chute d'Icare à Saint-Romain-en-Gal
 
 
Alix et La Chute d'Icare à Saint-Romain-en-Gal
 
 
Alix et La Chute d'Icare à Saint-Romain-en-Gal
 

 


la Chute d'Icare, de J. Martin et R Moralès, 2001

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du Musée achéologique de St Romain en Gal

de la librairie RMN du Musée de St Romain en Gal

des éditions Casterman

 

 

 
 
 
 
 

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